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Gérard Collomb, l’omnipotent de Lyon

François Sapy - 19/06/2017 00:06

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C’est un vrai paradoxe. Alors même qu’il s’apprête à démissionner de son mandat de maire et de la présidence de la Métropole, Gérard Collomb n’a jamais eu autant de pouvoir sur le territoire. La République en marche, qu’il soutient depuis les tout premiers mois, a en effet réalisé le grand chelem dans le Grand Lyon, avec douze députés élus sur douze candidats.

On mesure encore à peine le tremblement de terre que cela représente pour le microcosme politique local. LR est proprement balayé: des figures telles que Philippe Cochet, le patron de LR dans le Rhône, devra désormais se contenter de la mairie de Caluire. Il se présentait pourtant dans la circonscription qui avait accordé le plus de suffrages à François Fillon pour les élections présidentielles.

Autre grande surprise, Dominique Nachury, députée de la quatrième circonscription du Rhône, réputée imperdable pour la droite, réalise un humiliant 32% face à Anne Brugnera, pourtant adjointe de Collomb et dûment étiquetée PS jusqu’à ce qu’elle s’engouffre dans le sillage de l’ouragan en marche. Une ancienne socialiste élue à plus de 65% dans le 6ème arrondissement de Lyon, c’est à peine croyable!

2020, l’année de tous les dangers

Pour les socialistes, du moins ceux qui ont choisi de garder l’étiquette du parti, la défaite est tout aussi amère. Qu’une ancienne ministre comme Najat Vallaud-Belkacem, numéro trois du gouvernement, qui a eu les honneurs de toutes les télévisions pendant le quinquennat Hollande, de surcroît bruyamment soutenue par le maire de Villeurbanne, puisse échouer face à Bruno Bonnell, novice en politique, c’est le signe que quelque chose de très sérieux s’est passé.

Passée cette déflagration, le jeu des pouvoirs va considérablement évoluer dans le Grand Lyon. L’ombre de Gérard Collomb va planer dans toutes les décisions, à tous les étages. A Lyon, dans les arrondissements tenus par l’opposition (le 6ème et le 2ème), la gamelle de Nachury et l’échec de Denis Broliquier va forcément affaiblir politiquement la droite lyonnaise. On peut supposer que Synergie, le groupe qui rassemble les élus des petites communes de l’Ouest lyonnais et qui est déterminant pour la majorité au Grand Lyon, va être plutôt bienveillant avec LREM.

La seule vraie menace pour le puissant ministre de l’Intérieur viendra de Jean-Paul Bret, le maire de Villeurbanne, et ses onze élus au Grand Lyon. “Gérard Collomb est très secret sur ses intentions, on ne sait pas vraiment ce qu’il va faire en 2020”, nous confiait dimanche soir, à peine élu, l’un des nouveaux députés LREM de Lyon.

2020, l’année de tous les dangers: pour la première fois, le président de la Métropole sera élu au suffrage universel. Gérard Collomb sera, à n’en pas douter, candidat à sa propre succession. Gageons, qu’il sera, d’ici là, plus qu’attentif aux équilibres politiques grandlyonnais nés de la tornade Macron en 2017. Collomb, qui a attendu 25 ans avant d’avoir un semblant de pouvoir à Lyon, n’a aujourd’hui plus aucun mandat. Il n’a pourtant jamais été aussi puissant.

 

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