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EXCLUSIF. Le RN du Rhône au bord de la cessation de paiement

Rodolphe Koller - 13/07/2018 18:25

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Alors que le Rassemblement National aurait dû recevoir deux millions d’euros d’aide publique début juillet, les suites de l’affaire des assistants présumés fictifs de plusieurs de ses députés européens ont conduit les juges français à saisir cette somme.

Une assemblée générale extraordinaire était donc organisée jeudi soir par la fédération RN du Rhône afin de tenir les adhérents au fait des conséquences de ce sérieux déboire judiciaire tant sur le plan national que local.

Et les nouvelles ne sont pas bonnes.

 

Quelques semaines de sursis

« On est dans la même situation que notre siège de Nanterre. Nous serons en cessation de paiement au 31 août », confie la déléguée départementale du Rhône, Muriel Coativy. En effet, un tiers du loyer du local d’Irigny est pris en charge par le siège, les autres ressources de la fédération provenant des adhésions et des dons.

« Nous avons un fond de roulement qui nous permet de tenir jusqu’à la fin du mois prochain », reprend-elle.

Les frais de fonctionnement du RN du Rhône représentent chaque mois « entre 1800 et 2000 par mois pour vivre et militer, imprimer nos tracts. Cela fait déjà plusieurs mois que nous ne remboursons plus les frais de nos militants », déplore-t-elle.

 

À deux doigts de rendre les clés du local

Et pour cause, Nanterre n’a plus contribué au budget de ses fédérations depuis le mois de février, et ne devrait reprendre les versements qu’entre la fin novembre et début décembre.

« Cela fait six mois que l’on attendait ces deux millions d’euros. Ils nous étaient dus mais on a peu d’espoir de les revoir. Il faudra donc les trouver ailleurs pour tenir jusqu’à la fin de l’année. »

Depuis la décision de justice, les dons auraient afflué, et pas seulement de la part d’adhérents à en croire le parti, qui aurait reçu plus de 250 000 euros au niveau national. « Si la mobilisation se poursuit bien, on peut faire le lien jusqu’en décembre. On ira dès demain sur les marchés à la rencontre de nos électeurs », veut-elle y croire.

Pourtant, la situation a parfois été critique ces derniers jours : « On s’est posé la question de donner la dédite pour notre local », précise Muriel Coativy.

 

« Montrer au syndicat national de magistrature qu’on n’est pas seuls »

Laquelle enrage de se retrouver dans cette situation : « C’est dommage, on avait remis la machine en route après une période de changements. D’autant qu’en temps normal, la santé financière de la fédération est bonne.  »

Elle reprend : « Le Rhône est une grosse fédération donc on a des charges assez lourdes. Nous organisons fréquemment des événements, et un de nos candidats aux législatives n’a pas atteint le seuil des 5% lui permettant d’être remboursé de ses frais de campagne, mais ça ne nous avait pas mis en péril. »

Et la déléguée départementale de lancer, non sans une certaine rancune : « On veut montrer au syndicat national de magistrature qu’on n’est pas seuls, qu’on n’est pas isolés. »

 

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